| |
 |
Le
papier
Dès que le
dessin assume son caractère d’objet mobile,
surgit, immédiatement, le problème du support
sur lequel il est tracé. Les parois des cavernes
et les flancs de rocher étant abandonnés,
les dessinateurs les plus anciens commencèrent à utiliser
des cailloux ou des plaques de céramique. Au Moyen-Orient
ou en Egypte, on préféra au contraire des
lames d’argile ou des feuilles de papyrus desséché.
Les grecs et les romains desssinèrent sur des plaques
de bois préparé. Mais dès avant le
christ, on rencontre les premiers parchemins, obtenus à partir
de peaux d’animaux traitées au gypse et polies à la
pierre ponce, qui se prêtaient à n’importe
quel type de dessin et notamment au dessin à la
plume. Une préparation plus compliquée du
parchemin était destinée au dessin à la
pointe de métal.
|
Au premier
siècle avant Jésus Christ, les chinois inventèrent
le papier mais ce n’est que mille ans plus tard qu’il
parvint en Europe et remplaça lentement le parchemin,
nettement plus couteux et difficile à préparer.
Le papier était obtenu à partir d’une
bouillie de cellulose végétale (ou de vieux
chiffons) que l’on disposait en couche mince sur
un châssis de la dimension de la feuille désirée.
La couche de pâte était ensuite détachée
du châssis et étendue entre deux feutres superposés,
puis écrasée à la presse pour en exprimer
l’humidité. Enfin, la feuille était
plongée dans une solution de colle animale qui lui
donnait de la résistance. Cette de papier faites à la
main portait comme caractéristique l’impression
en transparence du châssis sur lequel elle avait été déposée à l’origine
: ce dernier était composé de gros fils raides
en métal disposés verticalement et de vergeures
horizontales serrées qui avaient pour objet de retenir
la bouillie de cellulose lorsqu’on la retirait du
bac. Comme chaque fil et à chaque vergeure correspondait
une quantité légèrement moindre de
pâte, il se faisait qu’on en voyait le dessin
par transparence, ce qui permettait une estimation de la
provenance et de l’ancienneté du papier. En
général, d’ailleurs, le nombre de fils
augmente avec le passage des siècles. C’est
sur me même principe, le fil inséré dans
le châssis, que se fonde la préparation de
la marque de fabrique ou filigrane. Divers symboles : lune,
flèches, lion, casque ou lettres de l’alphabet,
apparaissent ainsi par transparence, ce qui falicite l’identification
des fabriques.
Le papier peut apparaître
dans les dessins avec sa surface d’origine ou être
préparé de différentes façon
afin d’améliorer le rendu des matières.
Selon Cennini dans son traité du 14e siècle,
le papier était préparé pour son
utilisation à la pointe de métal avec des
fonds spéciaux minéraux ou organiques et
polis à l’agate. Le fond pouvait être
coloré en diluant la teinte avec de la colle animale
ou de la gomme arabique, qui avaient également
le mérite de rendre le papier plus résitant.
Il pouvait être teint en brun, en indigo, en rougeâtre,
en bleu clair ou en gris selon les écoles et les
artistes.
|
| FORMATS DES PAPIERS |
| Voici les formats de papier utilisés
en Belgique et en France et dont les noms, correspondent à leurs
anciens filigranes |
Cloche |
30 x 40 |
Grand
Jésus |
56 x 76 |
Pot |
31 x 40 |
Pittoresque |
57 x 78 |
Tellière |
33 x 44 |
Soleil |
58 x 80 |
Couronne |
36 x 46 |
Grand
Soleil |
60 x 80 |
Couronne |
37 x 48 |
Eléphant |
62 x 77 |
Ecu
français |
40 x 52 |
Colombier
belge |
62 x 85 |
Ecu
belge |
40 x 53 |
Colombier |
63 x 90 |
Coquille |
44 x 56 |
Grand
Colombier |
66 x 92 |
Carré |
45 x 56 |
Atlas
(Journal) |
65 x 94 |
Cavalier |
46 x 62 |
Petit
Aigle |
70 x 94 |
Petit
Raisin |
48 x 63 |
Grand
Aigle |
75 x 106 |
Raisin |
50 x 65 |
Grand
Monde |
90 x 126 |
Jésus |
56 x 72 |
Univers |
100 x 130 |
|
|
|
 |
| Dessiner c'est percevoir
l'essentiel |
|