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LE
LAVIS
L'encre de noix de galle étendue d'eau, le bistre (suie de cheminée
broyée avec de l'eau gommée), la sépia (matière
extraite de la vessie sèche) et, enfin, l'encre de Chine servirent
autrefois aux artistes, soit pour rechausser sobrement leurs dessins à la
plume, soit, avec les Vénitiens et les Flamands, pour exprimer de
puissants effets d'éclairage. Plus près de nous, en France
même, Le Lorrain, Fragonard et Daumier pratiquèrent cette
technique avec virtuosité doublée, chez les premiers, d'un
charme inégalable.
En cette matière, le pinceau et l'encre de Chine jouent un rôle
essentiel. Achetez quelques feuilles de papier canson assez fort pour ne
pas gondoler sous l'effet des coups de pinceau humide. Fixez votre feuille
sur une planche à dessin inclinée ou tenez votre carnet de
croquis suivant une |
certaine pente. Dans un godet contenant un peu d'eau, délayez quelques
gouttes d'encre de Chine. Ce mélange constituera la teintures la
plus claire du lavis. Votre dessin tracé au crayon, passez cette
teinte en à-plat régulier, avec votre pinceau, en commencant
par le haut de la feuille et en ayant soin de réserver les parties
blanches constituées par le papier. Laissez sécher et repassez
une deuxième teinte un peu plus foncée en réservant
toujours les blancs ainsi que les surfaces claires exprimées par
le passage de la première teinte. Répétez cette opération,
toujours par teinte plates, jusqu'aux noirs les plus soutenus. L'encre
de Chine étant indélébile, les teintes superposées
ne se délayent pas. Telle est la théorie classique du lavis. |

Lavis sépia
B.Groensteen |
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| Lavis
et huile de lin sur feuille |
Lavis
et huile de lin sur feuille |
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Dans la pratique,
et suivant votre inspiration ou vos goûts personnels,
vous pouvez laver vos dessins à la sépia
ou avec toute autre teinte neutre d'aquarelle. Cette technique
vous servira également pour rehausser sobrement
vos croquis au crayon, à la plume, au bout de bois
ou au pinceau.
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Lavis
noir et encre blanche
B.Groensteen |
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